Apple franchit une nouvelle étape dans la monétisation de ses services en s'apprêtant à intégrer des publicités dans son application Plans aux États-Unis et au Canada. Avant le déploiement attendu cet été, le groupe a publié une politique publicitaire détaillant les secteurs autorisés, les activités exclues et les critères d'éligibilité des annonceurs.
Cette évolution marque l'ouverture d'un nouveau canal publicitaire pour les entreprises locales, tout en illustrant la volonté d'Apple de contrôler étroitement les contenus diffusés sur sa plateforme.
Un lancement avec un format publicitaire limité
Dans un premier temps, l'expérience publicitaire restera volontairement discrète. Les utilisateurs verront une seule annonce sponsorisée apparaître dans les résultats de recherche de l'application Plans. Celle-ci sera identifiable grâce à un marqueur spécifique accompagné de la mention « Publicité ».
Les établissements sponsorisés pourront également être mis en avant parmi les recommandations proposées par l'application, offrant ainsi une visibilité supplémentaire aux commerces participants.
Ce modèle rappelle les débuts de la publicité sur l'App Store, où un unique emplacement sponsorisé était proposé avant une extension progressive des formats publicitaires.
Plusieurs secteurs exclus du dispositif
Apple a choisi d'écarter plusieurs catégories d'annonceurs dès le lancement de son offre publicitaire.
Les services à domicile, notamment les serruriers, plombiers, électriciens, chauffagistes, climaticiens, couvreurs, dératiseurs et entrepreneurs généraux, ne pourront pas acheter d'espaces publicitaires dans Plans.
L'entreprise exclut également les distributeurs automatiques de cryptomonnaies ainsi que les services de caution judiciaire, un secteur particulièrement développé aux États-Unis.
En privilégiant les commerces physiques où les consommateurs se rendent directement, Apple adopte une stratégie différente de celle de Google Maps, qui accueille de nombreux annonceurs issus des services à domicile. Cette orientation permet également de limiter les risques liés aux fraudes, souvent associées à certaines activités locales nécessitant une vérification approfondie des annonceurs.
Une politique publicitaire fondée sur la modération
Au-delà des restrictions visant certains secteurs, Apple interdit la diffusion de publicités à caractère politique ainsi que celles relatives aux armes, au tabac, aux drogues récréatives, aux produits contrefaits ou aux contenus violents et sexuellement explicites.
Les annonces concernant les services médicaux feront l'objet d'un examen individuel avant leur validation.
En revanche, les campagnes portant sur les services financiers, les jeux d'argent, les boissons alcoolisées ou encore les concours promotionnels pourront être autorisées dans les pays où la législation le permet. Les publicités pour des produits concurrents d'Apple seront également évaluées au cas par cas.
Une stratégie appelée à évoluer
L'introduction de la publicité dans Plans s'inscrit dans la stratégie d'Apple visant à renforcer ses revenus issus des services.
Si le dispositif débute avec une présence limitée des annonces, l'expérience de l'App Store laisse entrevoir une possible diversification des formats publicitaires à mesure que la plateforme évoluera. Reste à savoir jusqu'où Apple étendra cette monétisation sans altérer l'expérience utilisateur, élément central de son positionnement.