Sogécapital Gestion a récemment publié une étude détaillée sur les implications budgétaires de l'organisation de la Coupe du Monde 2030. Cette analyse offre une estimation des coûts nécessaires à la préparation de cet événement sportif d'envergure et met en lumière les effets potentiels sur différents secteurs économiques.
Selon l'étude, l'organisation conjointe de la Coupe du Monde 2030 par le Maroc, l'Espagne et le Portugal nécessitera un investissement financier considérable, allant de 15 à 20 milliards de dollars. Le Maroc devra contribuer à hauteur de 5 à 6 milliards de dollars, soit entre 50 et 60 milliards de dirhams (MMDH).
Les projections pour l'année 2030 indiquent une augmentation des coûts de construction et de rénovation des stades par rapport à la candidature précédente de 2018. Un montant significatif de 17 MMDH sera alloué à la construction et à la modernisation des stades.
Parmi les principaux projets, le Grand Stade de Casablanca nécessitera un budget de 6 MMDH pour sa mise à niveau. Les stades modulaires de Rabat et Marrakech, quant à eux, coûteront 3 MMDH chacun. La rénovation des stades de Marrakech, Rabat, Tanger, Agadir et Fès exigera 1 MMDH chacun pour leur remise en état. De plus, la rénovation complète de 61 centres d'entraînement et la construction de la moitié des nouveaux centres proposés représenteront un coût total d'environ 8 MMDH.
En ce qui concerne les investissements supplémentaires dans les infrastructures de transport, ceux-ci atteindront 17 MMDH et seront principalement axés sur le développement de la voie ferroviaire reliant Casablanca à Marrakech. Le coût global de l'organisation de l'événement atteindra 3 milliards de dollars pour les trois pays, dont 1 milliard de dollars (soit 10 MMDH) sera assumé par le Maroc.
Du point de vue du financement, l'étude indique que le coût total de construction des stades et des centres d'entraînement (25 MMDH) devrait être pris en charge entièrement par l'État dans son budget de 2024 à 2030. Les projets d'infrastructure et de réseau de transport (17 MMDH) seront financés par les SEGMA grâce à des crédits bancaires et/ou au marché de la dette privée. Les autres financements (10 MMDH) devraient être sous forme de prêts concessionnels extérieurs et de dons/aides d'autres pays pour couvrir les coûts liés à l'organisation.
En ce qui concerne les secteurs économiques impactés, le secteur de la construction (BTP) bénéficiera d'une forte stimulation grâce aux projets d'envergure, renforçant ainsi l'utilisation des capacités des opérateurs. Les sociétés du BTP cotées en bourse verront leur carnet de commandes augmenter significativement.
Le secteur bancaire profitera également de l'organisation de la Coupe du Monde grâce à une hausse de l'encours des financements bancaires dédiés aux projets d'infrastructure, à la dynamique positive des autres secteurs tels que le transport et le tourisme, ainsi qu'à l'augmentation de l'utilisation des services bancaires.
Le secteur touristique devrait connaître un impact positif à court et moyen terme en raison de l'afflux de touristes attendu pendant l'année de l'organisation de la compétition et les années suivantes. Une amélioration de l'offre hôtelière nationale est prévue pour atteindre les objectifs du secteur à moyen et long termes, avec des recettes touristiques estimées à 120 MMDH en 2030.
Enfin, le secteur des télécommunications bénéficiera de l'organisation de la Coupe du Monde grâce à l'augmentation du trafic vocal et de données, à l'amélioration des taux de pénétration nationaux et aux investissements dans l'extension et l'amélioration des infrastructures réseau, ainsi qu'à l'accélération de la mise en place de la 5G.
L'organisation de la Coupe du Monde 2030 au Maroc devrait donc avoir un impact significatif sur l'économie nationale, stimulant divers secteurs et générant des opportunités de développement à long terme.