Depuis plus de quinze ans, la signature « Should’ve Gone to Specsavers » s’est imposée comme l’un des territoires publicitaires les plus identifiables en Australie. Basée sur une idée simple et universelle les situations absurdes provoquées par un manque de clarté visuelle, elle a permis à la marque de bâtir un capital créatif durable. En 2026, Specsavers choisit d’enrichir cet héritage en l’ouvrant à une nouvelle génération de réalisateurs.
Pour la troisième année consécutive, l’enseigne spécialisée dans l’optique s’associe à Flickerfest, festival de courts-métrages australien reconnu comme qualificatif aux Oscars et par la BAFTA. Ensemble, ils lancent un concours qui se veut autant un exercice publicitaire qu’un véritable tremplin artistique. Le principe est clair : concevoir un film de 30 secondes fidèle à l’esprit de la signature, tout en affichant une ambition cinématographique assumée.
Un slogan culte comme terrain d’expression créative
Plutôt que de produire un spot classique, Specsavers propose une contrainte qui rappelle les règles du court-métrage : raconter une histoire complète, installer une tension narrative et conclure par un retournement, le tout en une demi-minute. Le slogan devient ainsi un cadre de jeu, laissant aux cinéastes une liberté de ton et de mise en scène rarement accordée dans un dispositif publicitaire.
L’initiative revendique également une forte dimension culturelle. En s’inscrivant dans l’univers des festivals, la marque cherche à révéler des talents émergents et à encourager la prise de risque créative. Une manière de démontrer qu’un territoire publicitaire peut rester vivant lorsqu’il se nourrit d’expérimentation, plutôt que de répétition.
Cinq films finalistes, cinq regards sur l’absurde
Sélectionnés parmi plus de 160 candidatures venues de toute l’Australie, cinq courts-métrages ont accédé à la finale. Chacun décline à sa façon l’idée « Should’ve Gone to Specsavers » : une aventure en stop motion autour d’une collecte d’ordures, une course-poursuite urbaine à Melbourne, la démonstration défaillante d’un expert en vin, un portrait-robot fondé sur une description trop précise ou encore une rencontre observée à travers un aquarium.
Présentés au Flickerfest de Bondi, du 23 janvier au 1er février 2026, ces films explorent des registres variés — animation, comédie, suspense — tout en conservant l’humour comme fil conducteur. La diversité des styles illustre la plasticité d’un même slogan, capable d’inspirer des univers narratifs très différents.
Quand le public devient juge et catalyseur de carrière
Le concours intègre également une dimension participative. Le public est invité à voter entre le 19 et le 31 janvier 2026, avant l’annonce du lauréat lors de la soirée de clôture, le 1er février. Cette mécanique prolonge la visibilité des films au-delà des projections et transforme l’opération en événement partagé.
À la clé, le court-métrage gagnant peut recevoir jusqu’à 70 000 dollars australiens, au sein d’un prize pool total de 150 000 dollars. Une récompense qui dépasse la simple reconnaissance créative et peut véritablement soutenir la suite d’un parcours professionnel. En se positionnant comme facilitateur entre publicité et cinéma, Specsavers endosse un rôle de producteur culturel plus que de simple annonceur.
Fidèle à son ADN, la marque continue ainsi d’explorer les petits dérapages du quotidien liés à une mauvaise vision — comme elle l’avait déjà fait en détournant avec humour l’arrivée des touristes à l’aéroport de Sydney. Une preuve supplémentaire qu’avec la bonne idée, un territoire publicitaire peut encore surprendre… et bien voir plus loin.
