Dans une démarche de prévention en santé publique, la marque La Roche-Posay lance en Italie l’initiative « Buoni Sole », un dispositif innovant qui vise à renforcer l’accès à la protection solaire pour les travailleurs exposés quotidiennement aux rayons ultraviolets.
Inspiré des systèmes de titres-restaurant largement utilisés en Europe, ce projet repose sur un principe simple : considérer la protection solaire non plus comme une dépense individuelle, mais comme un véritable droit lié aux conditions de travail.
Une exposition solaire encore sous-estimée
Chaque jour, selon les données de Eurostat et de EU-OSHA, plus de quatre millions de personnes travaillent en extérieur en Italie. Ces travailleurs évoluent dans des secteurs variés tels que le bâtiment, l’agriculture, la pêche ou encore la logistique portuaire, où l’exposition prolongée au soleil est inévitable.
Les spécialistes alertent sur les risques sanitaires associés. D’après la dermatologue Stefania Guida, les travailleurs extérieurs présentent un risque significativement plus élevé de développer des cancers cutanés, en raison d’une exposition chronique aux rayons UV.
Pourtant, les comportements de prévention restent insuffisants : plus de la moitié des travailleurs concernés ne recourent à aucune protection solaire régulière.
Un enjeu économique autant que sanitaire
L’un des principaux obstacles identifiés est le coût. L’utilisation correcte d’une protection solaire efficace nécessite des applications régulières, parfois équivalentes à plusieurs tubes de crème par mois. Pour de nombreux travailleurs, cette dépense devient difficile à intégrer dans un budget déjà contraint.
Cette situation entraîne un paradoxe : alors que les équipements de sécurité comme les casques ou les gants sont systématiques, la protection contre les UV reste souvent négligée.
Buoni sole : une réponse collective
Pour répondre à ce défi, La Roche-Posay, en collaboration avec BETC Paris et Havas, a conçu le programme « Buoni Sole ». L’objectif est de proposer une solution concrète inspirée du modèle des titres-restaurant : un « ticket UV » permettant de financer partiellement l’achat de crème solaire.
Le dispositif implique directement les entreprises, qui contribuent à la prise en charge de cette protection, transformant ainsi la prévention solaire en avantage social intégré à la vie professionnelle.
Des premiers tests en italie
Le programme est actuellement testé dans trois entreprises pilotes en Italie, actives dans des régions fortement exposées au soleil, allant de la Sicile à la zone de Franciacorta. Ces expérimentations doivent permettre d’évaluer l’efficacité du dispositif et sa facilité d’intégration dans les pratiques quotidiennes.
Les premiers partenaires incluent des acteurs industriels et touristiques engagés dans une démarche de prévention renforcée. L’ambition est claire : démontrer que la protection solaire peut devenir un standard au même titre que les autres mesures de sécurité au travail.
Vers un changement durable des mentalités
Au-delà du dispositif, « Buoni Sole » ambitionne d’ouvrir un débat plus large sur la reconnaissance de l’exposition solaire comme risque professionnel à part entière. L’initiative s’inscrit dans une logique de responsabilité partagée entre employeurs et salariés.
En lançant un appel à participation auprès d’autres entreprises italiennes, les organisateurs espèrent transformer ce projet pilote en mouvement européen, où la prévention des risques liés aux UV deviendrait une composante essentielle de la santé au travail.