À l’approche des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2026, un objet concentre déjà toutes les attentions : la médaille. Présentée le 15 juillet à Venise, elle ne se contente pas de récompenser une performance sportive. Elle incarne une vision, un récit, une philosophie : celle de l’unité à travers les différences.
Une dualité esthétique porteuse de sens
Le design de cette médaille n’a rien d’anodin. Circulaire, d’un diamètre de 80 mm et d’une épaisseur de 10 mm, elle se divise en deux moitiés : l’une lisse et brillante, l’autre rugueuse et brute. Ce contraste visuel reflète l’idée de complémentarité : celle des deux villes hôtes, Milan et Cortina d’Ampezzo, mais aussi celle du chemin intérieur de chaque athlète – fait de lutte et de grâce, d’efforts solitaires et de victoires partagées.
En son centre, les anneaux olympiques ou les Agitos paralympiques réunissent ces deux polarités, illustrant que c’est dans la rencontre des contraires que réside la véritable force.
Un manifeste de durabilité et d’accessibilité
Fruit du travail de l’Institut italien de la Monnaie (IPZS), la médaille est également un objet résolument responsable. Elle est conçue à partir de métal recyclé et fondue dans des fours fonctionnant uniquement à l’énergie renouvelable. Les versions paralympiques intègrent des inscriptions en braille ainsi que des repères tactiles pour une accessibilité complète.
Cette approche inclusive se reflète aussi dans les propos de Raffaella Paniè, directrice artistique du projet : « La médaille traduit la tension entre performance individuelle et émotion collective. Elle est le reflet d’un design italien ancré dans la modernité, mais tourné vers l’humain. »
Une médaille, des histoires croisées
Pour de nombreux athlètes présents lors de la cérémonie de lancement, cette médaille dépasse la simple récompense. Elle devient le témoin d’une aventure personnelle, d’un parcours souvent semé d’embûches. Alessia Maurelli, médaillée en gymnastique rythmique à Tokyo, l’a évoquée comme « une mémoire de chair et de métal, une preuve que chaque rêve peut se graver dans le réel. »
Une première pour les Jeux d’hiver
Les Jeux de Milan-Cortina ne marqueront pas seulement les esprits par leurs médailles. Avec 195 épreuves annoncées, ils établissent un record pour les Jeux d’hiver. C’est aussi la première fois qu’un tel événement se déploie de manière aussi équilibrée entre deux pôles urbains. Un choix stratégique et symbolique, qui souligne la volonté des organisateurs de faire des JO 2026 un modèle de coopération, de durabilité et d’excellence.
À Milan-Cortina, l’innovation ne se limite pas aux infrastructures ou aux performances sportives. Elle s’exprime dans chaque détail, jusqu’au plus petit centimètre de métal. En divisant la médaille, les organisateurs ont voulu rappeler que c’est souvent dans la fracture que naît l’unité. Un message fort, à l’image de ces Jeux d’hiver déjà tournés vers l’avenir.