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« The BIGGER Issue » : un magazine géant pour alerter sur l’accès aux soins

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Une couverture deux fois plus grande pour attirer l’attention sur une réalité souvent invisible. Specsavers, en partenariat avec Big Issue et l’agence Golin Ketchum London, lance « The BIGGER Issue », une campagne qui transforme le célèbre magazine britannique en un support publicitaire hors norme pour sensibiliser aux difficultés d’accès aux soins oculaires et auditifs rencontrées par les personnes sans domicile.

Pour cette opération, 3 000 exemplaires en édition limitée du magazine ont été imprimés dans un format deux fois supérieur à celui de l’édition habituelle. Un choix créatif qui repose sur une idée simple : lorsqu’un problème reste trop souvent ignoré, il faut parfois le rendre littéralement plus grand pour qu’il soit enfin visible.

Un magazine géant pour une problématique bien réelle

La campagne s’appuie sur un dispositif visuel particulièrement marquant. Sur la couverture de cette édition spéciale, Mihaela, vendeuse de Big Issue, apparaît avec une image alternativement floue et nette.

Cette mise en scène illustre directement les conséquences d’une mauvaise correction visuelle et donne une dimension humaine à la problématique portée par la campagne.

Les exemplaires de The BIGGER Issue seront distribués par les magasins Specsavers locaux auprès d’associations venant en aide aux personnes sans domicile à travers le Royaume-Uni. L’objectif est à la fois de sensibiliser le public et de faire connaître les nouvelles modalités d’accès au programme Charity VIP de l’enseigne.

Un accès gratuit désormais élargi

L’opération accompagne une évolution importante du Charity VIP scheme de Specsavers. Initialement lancé en novembre 2022 pour les vendeurs de Big Issue, le dispositif est désormais étendu à l’ensemble des magasins Specsavers au Royaume-Uni et en Irlande.

Les personnes sans domicile peuvent ainsi bénéficier gratuitement de soins oculaires et auditifs, sans avoir à présenter de recommandation médicale, de documents administratifs complexes ou de justificatif de domicile.

Cette simplification vise directement certains des obstacles qui compliquent l’accès aux soins pour les personnes vivant dans des situations de grande précarité.

Depuis son lancement, le programme a déjà accompagné plus de 7 000 personnes.

Des obstacles administratifs qui persistent

Les chiffres utilisés par Specsavers mettent en évidence l’ampleur des difficultés. Selon une étude commandée par l’enseigne, 44 % des personnes sans domicile n’ont jamais effectué de contrôle de la vue ou n’en ont pas réalisé depuis au moins cinq ans.

Par ailleurs, une personne sans domicile sur trois vivrait avec un problème de vision. Pourtant, plusieurs obstacles peuvent empêcher l’accès à un suivi adapté : absence de justificatif de domicile, accès limité au téléphone ou à Internet, coût perçu des lunettes ou encore complexité des démarches administratives.

Alors que deux tiers des personnes concernées seraient éligibles à une prise en charge des soins optiques par le NHS, l’accès effectif aux consultations reste compliqué. Certaines personnes déclarent également ne pas se sentir à l’aise à l’idée de se rendre à un rendez-vous médical.

Les besoins en lunettes restent importants

Les données recueillies dans le cadre du programme montrent également que les besoins sont loin d’être théoriques.

Près de 75 % des personnes ayant bénéficié du service de santé visuelle ont eu besoin de lunettes. Environ 10 % ont également dû être orientées vers un hôpital ou un médecin généraliste, contre 3,7 % en moyenne dans la population générale, selon les données citées dans le cadre du programme.

Ces chiffres soulignent l’importance d’un accès régulier aux contrôles visuels, notamment pour des personnes dont les conditions de vie peuvent rendre le suivi médical particulièrement difficile.

L’audition, autre angle mort

La campagne ne se limite pas à la santé visuelle. Le programme Charity VIP comprend également des services consacrés à l’audition : contrôles auditifs, protections auditives, retrait du cérumen et dispositifs auditifs lorsque ceux-ci sont nécessaires.

Là encore, les obstacles sont nombreux. Plus de la moitié des vendeurs de Big Issue interrogés, soit 57 %, ne sauraient pas où s’adresser pour accéder à des services d’audiologie.

Les systèmes de prise de rendez-vous numériques, les délais d’attente et l’absence d’inscription auprès d’un médecin généraliste figurent parmi les difficultés citées.

Les problèmes auditifs apparaissent également particulièrement répandus. Selon les recherches citées dans le cadre de la campagne, 89 % des personnes sans domicile auraient déjà ressenti des douleurs ou une gêne au niveau des oreilles. Par ailleurs, 91 % seraient régulièrement exposées à des environnements bruyants et 86 % auraient signalé des bourdonnements d’oreille, pouvant constituer un signe de perte auditive.

La santé comme levier de réinsertion

Pour Specsavers et Big Issue, l’enjeu dépasse donc la seule question médicale. Une bonne vision et une bonne audition peuvent avoir des conséquences directes sur l’autonomie, la capacité à travailler et les interactions sociales.

Le témoignage de Jack Osborne-Richardson, vendeur de Big Issue à Bristol, illustre cette réalité. N’ayant pas suffisamment de stabilité résidentielle pour s’inscrire facilement auprès des services nécessaires, il explique avoir longtemps porté une correction inadaptée, avec des conséquences sur son confort et son sentiment de sécurité.

Son expérience avec le programme lui a permis d’obtenir gratuitement des lunettes adaptées. Il explique que cette correction a amélioré sa capacité à lire, à interagir avec les personnes rencontrées dans le cadre de son activité et, surtout, son sentiment de sécurité.

Une campagne qui mise sur l’impact visuel

Avec The BIGGER Issue, Specsavers et Big Issue font donc de la démesure un outil de sensibilisation. Le format XXL du magazine attire le regard, mais sert surtout à donner de la visibilité à une problématique qui reste souvent secondaire dans le débat public.

La campagne associe ainsi activation terrain, média imprimé et impact social, tout en permettant de promouvoir concrètement un dispositif de soins gratuit.

En choisissant de rendre le magazine littéralement « plus grand », les partenaires cherchent à rappeler que l’accès à la santé visuelle et auditive ne devrait pas dépendre de la situation résidentielle d’une personne.

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