Un ancien contrôleur de contenu de Facebook affirme avoir été licencié pour avoir tiré la sonnette d'alarme au sujet d'un protocole de l'entreprise permettant aux employés de restaurer les données supprimées par les utilisateurs.
Brennan Lawson, un ancien contrôleur de contenu de Facebook, a intenté une action en justice mardi, contre son ancienne entreprise. Ce vétéran de l'armée de l'air a été embauché dans l'équipe en juillet 2018, où il devait passer en revue les messages impliquant des contenus graphiques tels que des meurtres et des décapitations et modérer ces messages.
Dans sa plainte, il affirme avoir été licencié après avoir remis en question un « protocole » qui lui permettait, ainsi qu'à son équipe, de récupérer des messages supprimés dans Messenger. En effet, l’ex-employé de Meta allègue avoir été informé du nouveau protocole lors d'une réunion du personnel en 2019 et avoir immédiatement remis en question sa légalité. Peu après, il affirme avoir été licencié et être resté au chômage pendant 18 mois. Il demande plus de 3 millions de dollars d'indemnisation, plus des dommages-intérêts punitifs.
D’après la plainte, les membres de l'équipe Global Escalation de Facebook ont utilisé les nouveaux protocoles et la politique modifiée de l'entreprise pour récupérer les données de l'application Messenger que les utilisateurs avaient décidé de supprimer. L’équipe était donc capable de « contourner les protocoles normaux de confidentialité de Facebook » d'une manière dont les utilisateurs de la plateforme ignoraient qu'elle était possible.
L'outil aurait notamment été utilisé pour aider les forces de l'ordre lors d'enquêtes sur l'activité des médias sociaux. Lorsque la police demandait à Facebook des informations, le réseau social n’hésitait donc pas à dévoiler comment un suspect particulier a utilisé la plateforme et les contacts avec lesquels il a communiqué, ou encore le contenu exact des messages reçus et envoyés.
Cette équipe était donc capable de contourner les protocoles normaux de confidentialité de Facebook qui interdisent toute forme de restauration des données supprimées des utilisateurs.
Pour l’instant, on ne sait pas combien de fois Facebook s'est conformé aux demandes des forces de l'ordre ni quelles données spécifiques des utilisateurs il leur a fournies. Quoi qu'il en soit, les affirmations de Lawson montrent clairement que ces informations sont des données que de nombreux utilisateurs croyaient supprimées et inaccessibles, précisément parce que Facebook l'avait publiquement promis. En attendant d’en savoir davantage à propos de ce procès, vous pouvez vous-même aller vérifier comment consulter vos données personnelles sur Facebook.