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En Colombie, l’uniforme scolaire devient un levier contre les inégalités menstruelles

Une nouvelle rentrée scolaire commence. Et, pour des milliers de jeunes filles, les mêmes obstacles se répètent. Dans de nombreux pays, les règles restent une cause majeure d’absentéisme scolaire, alimentée par le manque d’accès aux protections hygiéniques et par une stigmatisation persistante autour des menstruations.

Face à cette réalité, l’agence Serviceplan Innovation et la marque latino-américaine de produits d’hygiène intime durables Somos Martina ont lancé une initiative inédite en Colombie : intégrer directement des culottes menstruelles à l’uniforme scolaire officiel. Soutenu par le vice-ministère colombien de l’Éducation, ce projet vise à garantir la présence des élèves en classe, même pendant leurs règles.

La première école à adopter ce dispositif est l’Institución Educativa Mayor de Mosquera, à Bogota. Pour Jhoana Rincón M., enseignante dans l’établissement, l’enjeu est clair : trop de jeunes filles restent chez elles par crainte des fuites ou faute de moyens pour acheter des protections. En intégrant ces dernières à l’uniforme, l’école souhaite s’assurer qu’aucune élève ne soit mise à l’écart du système éducatif.

En Colombie, comme dans de nombreux pays d’Amérique latine, l’uniforme scolaire est obligatoire et symbolise depuis longtemps l’égalité entre élèves. Le concept d’« uniforme menstruel » prolonge cette logique : plutôt que de dépendre de distributions ponctuelles ou de programmes locaux souvent limités dans le temps, les protections sont intégrées à un système déjà existant, structuré et généralisé. Résultat : un accès plus simple, plus stable et potentiellement universel.

L’initiative répond à un problème de fond. En Amérique latine, on estime qu’une fille sur quatre manque régulièrement l’école pendant ses règles. Le tabou qui entoure les menstruations empêche souvent les adolescentes d’exprimer leurs besoins, tandis que l’absence de protection adéquate les pousse à rester chez elles pour éviter gêne et humiliation. À long terme, cet absentéisme fragilise leur parcours scolaire et réduit leurs perspectives d’avenir.

Déployé depuis janvier à Mosquera, le programme commence à s’étendre à d’autres établissements, avec l’appui de Lucy Maritza Molina Acosta, vice-ministre de l’Éducation. Pour elle, la santé menstruelle doit faire partie intégrante des politiques éducatives, et les protections hygiéniques méritent d’être inscrites au même titre que les fournitures scolaires classiques.

Le modèle repose sur quatre piliers : faire de la protection menstruelle un standard, et non un accessoire ; combattre la stigmatisation en confiant aux écoles la communication auprès des familles ; faciliter un déploiement à grande échelle grâce aux circuits existants des uniformes scolaires ; et réduire les coûts sur le long terme, les culottes menstruelles étant réutilisables et plus économiques que les produits jetables. Dans ce cadre, Somos Martina propose ses culottes aux écoles à un tarif proche de celui des sous-vêtements traditionnels, tout en fournissant des ressources pédagogiques sur les soins menstruels.

Pour amplifier l’impact du projet, une campagne de sensibilisation internationale a également été lancée. Elle comprend un site d’information multilingue, un éditorial signé par la journaliste María F. Fitzgerald et un court-métrage de Claudia Barral, donnant la parole aux élèves concernées et mettant en lumière leur quotidien pendant les règles.

Au-delà de la Colombie, la précarité menstruelle est un enjeu mondial. Aux États-Unis, une adolescente sur quatre rencontre des difficultés pour se procurer des protections périodiques. Au Royaume-Uni, trois jeunes filles sur dix sont touchées, certaines allant jusqu’à utiliser du papier toilette en remplacement. À l’échelle planétaire, la Banque mondiale estime qu’environ 500 millions de filles et de femmes n’ont pas accès aux protections menstruelles ni aux installations adaptées.

En transformant un vêtement du quotidien en outil d’inclusion, Serviceplan Innovation et Somos Martina proposent une réponse concrète à un problème longtemps relégué au silence. Une approche qui pourrait inspirer d’autres systèmes éducatifs et contribuer, pas à pas, à faire de la santé menstruelle un droit pleinement reconnu.

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