La Coalition pour la Valorisation des Déchets (COVAD) a tenu, vendredi 9 janvier 2026 à Rabat, sa conférence plénière annuelle autour d’un thème au cœur des priorités environnementales et industrielles du Royaume : la refonte du droit des déchets comme levier de transition vers une économie circulaire inclusive. Organisé en partenariat avec le Ministère de la Transition Énergétique et du Développement Durable, l’événement a rassemblé un large éventail d’acteurs publics et privés, confirmant la montée en puissance de la COVAD comme plateforme de dialogue stratégique au service des politiques de durabilité.
Accueillie à l’Hôtel Dawliz, cette rencontre a réuni décideurs publics, représentants des collectivités territoriales, opérateurs économiques, experts juridiques et partenaires institutionnels nationaux et internationaux. La séance d’ouverture, co-présidée par Leila Benali, Ministre de la Transition Énergétique et du Développement Durable, et Mounir El Bari, Président de la COVAD, a posé les bases d’une réflexion approfondie sur l’évolution du cadre réglementaire et sur les conditions de structuration de filières de valorisation performantes.
Les débats ont d’abord porté sur l’état actuel du dispositif juridique encadrant la gestion des déchets au Maroc, à la lumière des amendements apportés à la loi 28-00. Les intervenants ont mis en avant les avancées réalisées, tout en soulignant les défis liés à l’opérationnalisation des textes, à leur lisibilité pour les acteurs économiques et à leur efficacité en matière d’attractivité de l’investissement. L’enjeu est désormais de faire du droit des déchets non seulement un instrument de contrôle, mais aussi un outil d’incitation capable de sécuriser les projets industriels, d’encourager l’innovation et d’accompagner l’émergence de chaînes de valeur circulaires.
La discussion s’est ensuite élargie aux opportunités économiques offertes par la transformation des déchets en ressources. Des retours d’expérience issus de filières stratégiques, notamment celles des véhicules hors d’usage et des déchets de construction et de démolition, ont illustré le potentiel de création de valeur, à condition de réunir des prérequis techniques, économiques et réglementaires clairs. Les participants ont insisté sur la nécessité de sécuriser l’accès aux gisements, de structurer des débouchés industriels pérennes et d’aligner les normes nationales avec les standards internationaux afin de renforcer la compétitivité des acteurs locaux.
Au fil des échanges, un constat s’est imposé : la récente réforme du droit des déchets constitue un chantier stratégique pour accompagner la transition écologique du pays, soutenir l’industrialisation verte et consolider l’écosystème du recyclage. Plusieurs recommandations ont émergé, notamment autour de l’harmonisation réglementaire, du renforcement des mécanismes de gouvernance et de la mobilisation d’outils financiers et fiscaux favorables à l’investissement circulaire.
Cette conférence a également été l’occasion de revenir sur le parcours et les réalisations majeures de la COVAD depuis sa création en 2015. Forte d’une feuille de route structurée autour de l’innovation, de la gouvernance et de l’inclusion sociale, la coalition a contribué à plusieurs chantiers d’envergure, parmi lesquels des études prospectives sur l’écosystème vert, l’appui à la mise en place de dispositifs de Responsabilité Élargie des Producteurs, la participation à des programmes de renforcement des capacités nationales et l’accompagnement des réformes législatives liées à l’économie circulaire et à la gestion des déchets.
S’appuyant sur une gouvernance multi-acteurs associant administrations, collectivités, entreprises, ONG et experts, la COVAD agit aujourd’hui comme une interface opérationnelle entre politiques publiques, dynamiques industrielles et exigences internationales. Ses partenariats avec des organisations de référence contribuent au transfert d’expertise et à la structuration progressive de filières de valorisation capables de créer de la valeur locale, de favoriser l’émergence de marchés de matières secondaires et de réduire la dépendance aux importations.
Au-delà de la dimension environnementale, les travaux ont mis en évidence l’inscription croissante de l’économie circulaire dans une logique de compétitivité et de souveraineté industrielle. En repositionnant les déchets comme une ressource stratégique, le Maroc esquisse les contours d’un modèle où transition écologique et développement économique avancent de concert. La conférence de Rabat marque ainsi une étape supplémentaire dans la consolidation d’un cadre propice à l’investissement durable et à l’innovation circulaire.
