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Audiences TV : ce que révèle la CAN sur les vrais usages des téléspectateurs marocains

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Alors que la Coupe d’Afrique des nations rythme l’actualité sportive et médiatique, les chiffres d’audience publiés par le Centre interprofessionnel d’audience des médias pour la période du 24 au 30 décembre 2025 livrent un enseignement plus nuancé qu’attendu. Si la CAN impose sa présence sur les grilles, elle ne renverse pas pour autant les équilibres profonds des usages télévisuels au Maroc. La fiction, le divertissement et l’information continuent de structurer l’essentiel des rendez-vous collectifs.

Une domination partagée entre 2M et Al Aoula

Sur l’ensemble de la journée, 2M conserve sa position de chaîne la plus regardée, avec 20,4 % de part d’audience et 41,1 % d’audience cumulée. Al Aoula suit avec 11,5 % de part d’audience et 36,8 % d’audience cumulée. Mais en prime time, entre 20h50 et 22h30, le rapport de force s’inverse. Al Aoula prend l’avantage avec 19,3 % de part d’audience, contre 14,4 % pour 2M, confirmant son ancrage solide sur le créneau stratégique de la soirée.

Ce double mouvement illustre une segmentation des usages : 2M s’impose sur la journée par la diversité de ses rendez-vous, tandis qu’Al Aoula consolide son leadership sur les grands horaires de rassemblement.

La fiction, pilier central de l’attention

L’enseignement majeur de la semaine réside dans la hiérarchie des programmes. Les audiences les plus élevées ne sont pas réalisées par les émissions dédiées à la CAN, mais par la fiction, et plus précisément par les séries turques. Sur 2M, le feuilleton Hadik Hyati s’impose comme le programme le plus regardé toutes chaînes confondues, avec près de 8,9 millions de téléspectateurs. Il est suivi par Aailti, autre série turque, qui dépasse les 7 millions de téléspectateurs.

Ces performances confirment le rôle structurant de la fiction sérielle dans le paysage télévisuel marocain. La régularité de diffusion, l’attachement aux personnages et la continuité narrative façonnent des habitudes solides, peu sensibles aux variations de l’actualité sportive.

Le divertissement résiste à la vague sportive

Dans cette hiérarchie, le divertissement conserve également une place stratégique. L’émission Ahsane Pâtissier Celebrity se positionne parmi les programmes les plus suivis de la semaine. Ce succès rappelle que les formats de compétition douce, de talent et de divertissement familial demeurent des refuges d’audience, y compris en période de forte exposition footballistique.

La CAN n’éclipse donc pas les rendez-vous installés. Elle cohabite avec eux, sans bouleverser l’ordre établi.

Sur Al Aoula, l’information reste le premier réflexe

La lecture est légèrement différente du côté d’Al Aoula. Le Journal télévisé en arabe s’impose comme le programme le plus regardé de la chaîne sur la période, dépassant largement les émissions sportives. Ce leadership confirme le rôle central de l’information comme rituel collectif, y compris lorsque l’actualité est dominée par un événement continental.

La fiction conserve également un poids significatif, notamment à travers les téléfilms diffusés en soirée, qui continuent d’attirer des audiences comparables à celles des grands rendez-vous sportifs.

La CAN, forte visibilité mais pas hégémonique

Les émissions spécifiquement consacrées à la CAN enregistrent des niveaux d’audience solides, mais intermédiaires. Sur 2M, le talk sportif Planète Foot rassemble plusieurs millions de téléspectateurs chaque soir. Sur Al Aoula, Hassad Al CAN se distingue par son approche analytique et pédagogique, trouvant sa place parmi les grands magazines de décryptage.

Cependant, ni les plateaux, ni les magazines dédiés à la compétition ne parviennent à dépasser durablement la fiction ou les grands rendez-vous d’information. La CAN agit moins comme une force de rupture que comme un amplificateur : elle renforce la présence du sport à l’antenne, sans déplacer les piliers traditionnels de l’audience.

Une télévision marocaine guidée par l’habitude

Pris dans leur ensemble, les chiffres de la fin décembre dessinent une télévision marocaine profondément structurée par des usages de long terme. La fiction fédère, l’information rassure, le divertissement rassemble. Le sport, même lorsqu’il occupe le centre de l’actualité, s’inscrit dans cette architecture plutôt qu’il ne la transforme.

La Coupe d’Afrique des nations confirme ainsi une réalité bien ancrée : au Maroc, l’événement sportif est un moteur d’attention, mais ce sont toujours les récits, les visages familiers et les rendez-vous réguliers qui organisent durablement la consommation télévisuelle.

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