C’est une première en France : Tibo InShape vient d’autoriser la copie parfaite de son image et de sa voix sur Sora 2, la plateforme d’IA vidéo d’OpenAI. Autrement dit, le YouTuber — suivi par des millions d’abonnés — a rendu son double numérique accessible à tous.
N’importe quel utilisateur peut désormais créer un contenu où il apparaît, parle et s’exprime… sans qu’il n’ait jamais posé devant la caméra.
Cette expérience, repérée par Mathieu Crucq, directeur général de Brainsonic, a immédiatement fait réagir le monde du marketing et des médias. Pour lui, l’initiative est à la fois « visionnaire, fascinante et potentiellement suicidaire ». Car si l’innovation intrigue, elle ouvre aussi la porte à une multitude de détournements.
TikTok submergé par les clones
En quelques jours, le visage et la voix de Tibo InShape ont envahi TikTok, reproduits par des milliers d’utilisateurs. On y trouve de tout : des hommages sincères, des parodies bon enfant, mais aussi des vidéos violentes ou à caractère raciste.
« Tout le monde peut faire n’importe quoi », alerte Mathieu Crucq. « Certains contenus sont drôles, d’autres franchement inacceptables. »
Ce phénomène met en lumière un paradoxe : la technologie rend possible une nouvelle forme d’expression participative, mais aussi une perte totale de contrôle sur son image.
Une frontière inédite entre authenticité et imitation
Jusqu’ici, les deepfakes concernaient surtout les célébrités victimes de détournements non consentis. Ici, c’est le créateur lui-même qui ouvre la voie, en choisissant de rendre son double IA public.
Une première en France, qui pose une question fondamentale : à qui appartient une identité numérique lorsqu’elle devient réplicable à l’infini ?
À l’étranger, quelques pionniers — dont Sam Altman, le PDG d’OpenAI — testent eux aussi des clones vocaux ou visuels, mais dans des contextes beaucoup plus encadrés.
La démarche de Tibo InShape, elle, s’inscrit dans un espace ouvert, social et viral : celui du divertissement participatif.
Un tournant pour les créateurs de demain
Pour les observateurs du secteur, cette expérience pourrait marquer un point de bascule dans la relation entre influenceurs, IA et public.
Et si, demain, chaque créateur pouvait déléguer sa présence numérique à un avatar ? Si l’influence devenait « scalable » comme un logiciel ?
Entre prouesse technologique et mise en danger symbolique, le cas Tibo InShape illustre mieux que jamais la question que tout l’écosystème devra affronter :
peut-on rester maître de son image dans un monde où elle peut être reproduite à l’infini ?
